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Café de Pays
25 janvier 2018

Le 26ème Café de Pays, qui avait pour thème «Histoires de saule» a fait salle comble ce jeudi 25 janvier 2018.
Il a été l’occasion pour Michel Falguières, le maître de cérémonie, de dresser un bilan après vingt-cinq éditions.

Michel Falguières :
«Avant que nous ne parlions du saule, je tiens à vous faire part d’une chose d’important à mes yeux : la place que le Café de Pays du Cailar est en train de prendre.
Comme à chaque fois, la date et le sujet sont annoncés sur le tableau d’affichage de la Mairie, ainsi que par Simone, notre correspondante Midi Libre. Mais il a également été annoncé sur la Gazette Nîmoise et en pages Événements de Midi Libre. Et j’ai eu le plaisir d’être sollicité par Radio France Bleu pour parler des Café de Pays que nous faisons depuis février 2014. Sans oublier Salva qui publie les comptes-rendus sur le site internet du Club.
En outre, notre assistance est composée de personnes de tout âge, des jeunes aux moins jeunes. Ainsi que de personnes qui ne vivent pas au Cailar, mais qui s’intéressent aux sujets que nous évoquons. C’est dire l’importance de notre Café de Pays».

Michel Falguières :
«Je vous parle souvent de la transmission et de l’échange, qui est le but de notre Café de Pays. Mais il y a aussi un bénéfice sous-jacent à ces échanges : ils nous aident à faire des choix. Le pays est convoité, et en connaitre le passé nous permet de mieux préparer l’avenir».
«Le sujet du soir est le saule, qui est l’emblème du Cailar. Et je voudrais vous rappeler, comme je le fais souvent, que notre Café de Pays vit grâce à son public. Ce soir, vous serez les conférenciers. Et nous allons débuter par un diaporama d’Olivier Calleriza, diaporama que nous dédions à Jacques Floutier qui, ce jour-là, a transmis son savoir sur l’art et la technique pour planter un saule et le tailler avec la « coupe dite du têtard » ».

«Il faut tailler le saule tous les quatre-cinq ans, sinon il meurt. Jacques Floutier nous disait que la lune rousse de mars était la meilleure période pour la taille».

Michel Falguières :
«Le saule a longtemps fait vivre Le Cailar, et en est devenu l’emblème, mais d’abord un peu d’histoire. Le Cailar a d’abord appartenu aux Brémond, puis à Louis IX, qui a été le seigneur du Cailar, avant d’être celui d’Aigues-Mortes. En 1696, à court d’argent lors de la guerre de la ligue d’Augsbourg, le roi Louis XIV remplit les caisses du trésor royal par une recette fiscale particulière : il autorise les villes et villages du royaume de France à créer leurs propres armoiries. Les cailarens choisissent le saule.
Voici le blason du Cailar : d’argent au saule de sinople.
Je vous rappelle que la couleur du sinople est le vert. Mais moi qui ai vécu trois ans en Turquie, je peux vous parler de la ville de Sinop (port de Paphlagonie, Nord de la Turquie – Ndr), dont la terre produit un ocre rouge, qui a donné son sens premier au mot sinople voulant dire rouge, mais qui plus tard, est devenu vert. Et comme nous sommes au Cailar, le rouge et le vert…».

«Le saule était un revenu au Cailar. Pour un saule coupé, on en replantait un. Le troc faisait le reste».

Michel Falguières :
« Le saule a inspiré de nombreux artistes, parmi lesquels Alfred de Musset, avec cet extrait du poème Lucie:
‟Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J’aime son feuillage éploré;
La pâleur m’en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai”.
Ainsi que Georges Brassens, avec le début de la chanson Le Testament:
‟Je serai triste comme un saule,
Quand le Bon Dieu qui partout me suit,
Me dira, la main sur mon épaule,
Va-t-en voir là-bas si j’y suis”.
Récemment, la chanteuse Isabelle Boulay a écrit une chanson Le Saule Inconsolable. Il faut préciser que le saule est souvent associé à la mort, avec le saule pleureur».

«Pendant les gros froids de 1956, et 1985, les saules ont tenu le coup».

Michel Falguières :
«De nombreux qualificatifs sont accolés au saule, et à ceux qui le plantent : ‟planta sauzo”, ‟manga sangar”, ‟manga fango”. Précisons que planteur de saule n’est pas un terme péjoratif. On dit du saule qu’il est pleureur, mais il est surtout un buveur, car il consomme jusqu’à 500 litres d’eau. Il tient les berges grâce à son important enracinement».

«Léon Pasquier amenait ses élèves planter un saule chacun le long du Vistre».

Michel Falguières :
«Le saule est également utile pour la nourriture. Les Inuits mélangent les chatons et les feuilles du saule à de la graisse de phoque pour s’alimenter. Les abeilles ont un rôle crucial dans la vie des saules, mais paradoxalement, le miel de saule est très amer».

«On plantait les saules également pour les lapins, les chèvres et les chevaux».

Salva :
«Lors de la muselade, le manadier réunissait les amis de la manade. On attrapait le veau, on plaçait dans les narines le mourrau que l’on avait sculpté dans du bois de saule, afin de le sevrer du lait maternel. Quand il levait la tête pour téter, le mourrau l’en empêchait, mais quand il la baissait, il pouvait brouter l’herbe sans problème».
Voir sur bouvine.info cet article: Mourrau * (NdR)

«L’écorce du saule est tendre. Avec un opinel, on peut sculpter des sabots, des échelles pour les vendanges, des piquets de vignes, des manches de pelles, des sifflets».

Michel Falguières :
«Le saule est également l’emblème de la liberté. Pour fêter le 1er mai, les anarchistes d’Aimargues présentaient un saule sur la place du Montredon».

«Les platanes du Cancel sont de 1913».

Salva :
«C’est à partir de la poudre d’écorce bouillie du saule que l’on a fabriqué la première aspirine. Le nom est acide acétylsalicyclique».

«La disparition de certains arbres a entrainé la disparition des brebis».

Olivier Calleriza :
«Pour les amateurs, sachez que les feuilles de saule peuvent être utilisées en infusion».

«À Sylvéréal, il y avait des chênes énormes plantés dans le sable».

Dani Bantzé :
«L’origine du Club du Saule remonte à l’époque du taureau à la corde. Un jour, le taureau s’était calé dans une ruelle ; pas moyen de le faire sortir. Certains, plus courageux et surtout plus ‟joyeux” que les autres, ont fait une attente au fer avec des branches de saule, et ils ont réussi à le faire sortir. Ils se sont appelés le Club du Saule suite à ça».

«Mon père a été réquisitionné pendant la Seconde Guerre Mondiale pour couper les peupliers, qui ont été amenés sur les plages du Grau-du-Roi pour empêcher les avions d’atterrir».

Michel Falguières a conclu la soirée par la traditionnelle minute littéraire et a donné les deux prochains sujets : «rendez-vous le 22 février pour traiter de la pétanque, et le 22 mars pour parler des femmes de Camargue».